Comment manger équilibré ? Tout comprendre sur les nutriments.
- 29 avr.
- 10 min de lecture

Hippocrate disait déjà :
« Que ton alimentation soit ta première médecine. »
Des siècles plus tard, cette phrase reste étonnamment actuelle. Ce que nous mangeons chaque jour n’est pas anodin : c’est ce qui alimente nos cellules, soutient notre énergie, notre immunité, notre équilibre émotionnel… bref, tout ce qui nous permet de tenir debout.
Une autre citation mérite aussi réflexion :
« N’espérez pas conserver votre santé sans effort. Dans ce monde, tout ce qui a de la valeur a un prix. »
Pas pour culpabiliser. Mais pour rappeler une chose essentielle : il n’existe pas de solution magique, seulement des choix répétés, simples, accessibles.
L’objectif de cet article n’est donc pas de te vendre un régime de plus, ni de t’expliquer comment manger “parfaitement”. Il est de te donner des repères clairs, pour que tu puisses faire tes choix en conscience, sans pression, et trouver ta propre voie alimentaire pour manger équilibré.
Manger “équilibré”, ça veut dire quoi ?
Aujourd’hui, manger équilibré ne se résume plus à compter des calories ou à suivre des règles rigides. C’est avant tout une question de qualité, de diversité, et d’équilibre global. Pour fonctionner correctement, le corps a besoin de plusieurs grandes familles de nutriments, chacun jouant un rôle bien précis.
Les idées clés :
Bien manger ≠ manger parfait : c’est surtout une question de régularité et de simplicité.
Le corps a besoin de grandes familles de nutriments (eau, protéines, lipides, glucides, vitamines, minéraux).
Les protéines se jouent sur la variété et les bonnes associations (surtout côté végétal).
Le vrai enjeu des graisses, c’est la qualité
Pour les glucides, la qualité + l’index glycémique comptent autant que la quantité.
Vitamines, minéraux et oligo-éléments : petits apports, grands effets… et la diversité alimentaire fait l’équilibre.
Les grands nutriments indispensables
L’eau, un nutriment vital
L’eau est indispensable à la vie. Elle représente environ 60 % du poids du corps chez l’adulte (et jusqu’à 80 % chez le bébé).

Elle intervient dans :
la digestion,
le transit,
l’assimilation des nutriments,
l’élimination des déchets.
Nous en trouvons une partie dans les aliments, notamment les fruits et légumes que nous consommons, mais aussi dans ce que nous buvons.
=> Quelle quantité ?
Les besoins varient selon :
les températures,
l’activité physique,
le stress,
l’alimentation (plats salés, riches en protéines…).
Plutôt que d’imposer une règle stricte, l’idée est d’écouter son corps, tout en gardant en tête une moyenne d’environ 1,5 L par jour chez l’adulte.
Les protéines
Les protéines participent à la construction et à l’entretien des muscles, de la peau, des os, des cheveux et des ongles. Elles jouent aussi un rôle clé dans le système immunitaire.

Elles peuvent être d’origine :
animale : viandes, poissons, œufs, produits laitiers
végétale : céréales, légumineuses, champignons, algues, oléagineux
=> Les acides aminés, la base des protéines
Les protéines sont composées de 22 acides aminés.
8 sont essentiels (9 chez l’enfant) et doivent venir de l’alimentation car le corps ne les fabrique pas.
Les autres peuvent être fabriqués ou recyclés par le corps.
👉 Pour une bonne assimilation, il est important de varier les sources protéiniques et de les combiner pour bénéficier de protéines complètes lors d'un repas.
Si ce n'est pas le cas, il y a de fortes chances que les acides aminés présent ne soient pas assimilé par le corps ou de façon insuffisante.
L'absence ou l'insuffisance d'un élément entraine la perte des autres d'où l'importance d'avoir une alimentation aussi équilibrée que possible pour pallier au maximum aux facteurs limitants.
Bon à savoir : l’œuf est le seul aliment qui contient à lui seul les 8 acides aminés essentiels en proportion idéale pour notre corps.
Exemples d'associations simples permettant de former la ration protéinique complète dont nous avons besoin :
céréales complètes (riz complet, blé, avoine,orge, seigle, millet...) + tofu
céréales complètes + 1 oeuf
pain complet + viande
céréales + lait + 1 oeuf + fromage râpé (type gratin)
céréale semi complète + légumineuse (haricots rouges, fèves...)
=> Nos besoins quotidiens
Les besoins protéiniques pour une personne sédentaire sont "d'environ 0,8 g de protéines par kilo de poids et par jour (soit 44 g par jour pour une femme de 55 kilos, ce qui représente par exemple 120 g de viande, un yaourt et 30 g de fromage répartis dans la journée). Chez les enfants, les besoins sont plus importants. Pour les enfants en bas âge (2 g par kilo et par jour) et chez les adolescents (1,2 g par kilo et par jour)." Selon le site www.vidal.fr.
Les lipides
Les lipides, souvent appelés “graisses”, sont une source d’énergie essentielle. Certains sont indispensables, car le corps ne peut pas les fabriquer.
👉 Le but n’est pas de les supprimer car quand on pense graisse on pense kilos, mais de savoir les choisir.
=> Les graisses saturées : ok, mais avec mesure et qualité
Elles sont solides à température ambiante (beurre, fromage, crème, huile de coco…). Elles ont un rôle physiologique, mais deviennent problématiques en excès, surtout lorsqu’elles sont associées à trop de sucres et à une alimentation déséquilibrée.
=> Les graisses insaturées : la base
Présentes surtout dans les végétaux et les poissons gras.

Oméga-3 : indispensables, souvent insuffisants→ poissons gras, certaines huiles (colza/lin/noix) et graines (Chia, lin chanvre) et certains légumes (mâche, les choux, le cresson)
Oméga-6 : utiles mais souvent consommés en excès→ viandes, beurre, fromages, œufs, les noix, certaines huiles (tournesol, chanvre, pépins de raisin, soja, maïs) et beaucoup de produits transformés (biscuits sucrés, chips, plats préparés, etc.)
Oméga-9 : bien tolérés, présents dans l’huile d’olive et de noisette, l’avocat, les fruits à coque
Astuce mémo : vous oubliez souvent quelles sont les bonnes et les mauvaises graisses ? Dans ce cas, utilisez ce moyen mnémotechnique : « Saturé = Suspect, Insaturé = Inoffensif ».

=> Les graisses transformées : à éviter
Les acides gras trans, issus de l’industrie, sont présents dans de nombreux produits ultra transformés. Ils sont à limiter au maximum.
=> Nos besoins quotidiens :
En été : de 25 à 40g par jour
En hiver : de 50 à 70g par jour
Les adultes et les adolescents actifs peuvent augmenter cette consommation de 15%. Pour les adultes sédentaires, il faudrait la réduire de 15 à 20% environ.
Les glucides : le carburant

Les glucides fournissent l’énergie nécessaire au cerveau et aux muscles.
On distingue :
les sucres rapides (fruits, miel, sucre, pâtisseries...),
les sucres complexes/lents (céréales, légumineuses, féculents).
=> L’index glycémique (IG)
L'index glycémique est un indice propre à l'aliment lui-même et va varier en fonction de la cuisson, l'accompagnement (sauce), réchauffé ou pas, mixé ou nature etc. Chaque fois que l'aliment subira une transformation, cela aura un impact sur l'index glycémique.
Cet indice nous informe sur la quantité de sucre dans le sang. Les aliments qui font grimper en flèche le taux de sucre ont un indice glycémique élevés (au-dessus de 70). A l'inverse, ceux qui ont peut d'influence sur la glycémie, on un IG bas (en dessous de 55). On parle d'IG modéré entre 55 et 70.
Quelques exemples :
1 banane mûre IG 65 vs 1 banane pas trop mûre IG 52
1 pomme de terre cuite avec sa peau IG 65 vs bouillie/pellée IG 65 vs en purée IG 70 vs cuite longtemps au four IG 95 vs frite IG 95
=> Nos besoins quotidiens :
Les glucides sont une source d’énergie essentielle et nos besoins restent assez constants au fil du temps. Le corps peut en stocker une petite quantité dans les muscles et le foie, mais ces réserves sont vite utilisées. C’est pour cela que l’équilibre et la qualité des apports comptent autant que la quantité. Chez l’adulte, cela correspond à une quantité d’environ 250 grammes par jour.
L’enjeu n’est pas d’éliminer les glucides, mais de privilégier leur qualité.
Les vitamines : petites quantités, grands effets
Les vitamines ne fournissent pas d’énergie, mais sont indispensables à presque toutes les fonctions du corps : immunité, énergie, peau, cerveau, os…
L’organisme ne sait pas les fabriquer (ou pas en quantité suffisante) : elles doivent donc provenir de l’alimentation.
On distingue 13 vitamines, toutes essentielles, réparties en deux grandes familles :
les vitamines liposolubles (A, D, E, K)
les vitamines hydrosolubles (vitamine C et vitamines du groupe B)
=> Vitamines liposolubles (A, D, E, K)

Vitamine A
Rôle : vision, peau, cheveux, immunité, protection antioxydante
Sources : foie, jaune d’œuf, produits laitiers, légumes orangés et verts, fruits colorés
À savoir : les carences sont rares, mais les excès (via compléments) peuvent être problématiques chez certaines personnes
Vitamine D
Rôle : santé des os, immunité,
Sources : principalement le soleil ; poissons gras, œufs, foie en complément
À savoir : les déficits sont fréquents, surtout en cas de faible exposition solaire
Vitamine E
Rôle : antioxydant majeur, protection cardiovasculaire
Sources : huiles végétales, fruits à coque, œufs
À savoir : privilégier la vitamine E naturelle (plus complète)
Vitamine K
Rôle : coagulation sanguine, santé osseuse, renouvellement cellulaire
Sources : légumes verts (K1), produits animaux et fermentés (K2)
À savoir : déficits rares chez l’adulte, attention en cas de traitements anticoagulants
=> Vitamine hydrosoluble majeure
Vitamine C
Rôle : immunité, antioxydant, fabrication du collagène, absorption du fer
Sources : fruits frais, légumes crus
À savoir : sensible à la chaleur ; les déficits sont fréquents en cas de stress, tabac ou fatigue chronique
=> Vitamines du groupe B (B1 à B12)
Les vitamines B jouent un rôle central dans :
la production d’énergie
le fonctionnement du système nerveux
le métabolisme des nutriments
la santé de la peau, des cheveux et des muqueuses
Elles ne sont pas stockées (ou très peu) : des apports réguliers sont donc nécessaires.
En résumé
Les vitamines sont essentielles, même en très petite quantité
Les besoins varient selon la période de vie et le mode de vie
Une alimentation variée couvre souvent l’essentiel, mais certains déficits sont fréquents (D, C, B9, B12)
Les compléments ne sont utiles que dans des situations ciblées, pas systématiquement
Les sels minéraux
Les minéraux ne donnent pas d’énergie, mais ils sont indispensables pour que le corps fonctionne correctement : muscles, nerfs, os, équilibre hydrique, gestion du stress… La bonne nouvelle, c’est qu’on peut couvrir l’essentiel avec une alimentation simple et variée, sans calculer.
=> Magnésium — le minéral du quotidien
Le magnésium soutient les muscles, le système nerveux et aide à mieux gérer le stress et la fatigue. Beaucoup de personnes n’en consomment pas assez.
Dans l’assiette, on en trouve facilement dans :
le chocolat noir et le cacao
les fruits à coque
les légumineuses
les céréales complètes
les légumes verts
certaines eaux minérales
Une alimentation peu transformée permet souvent d’en apporter suffisamment.
=> Calcium — pas seulement une histoire de lait

Le calcium est essentiel pour les os, mais aussi pour les muscles et les nerfs. Contrairement aux idées reçues, il ne vient pas uniquement des produits laitiers.
Bonnes sources alimentaires :
légumes verts (brocoli, choux, roquette, épinards)
sardines avec arêtes
légumineuses
tofu
fruits à coque
certaines eaux riches en calcium
L’équilibre global de l’alimentation compte autant que la quantité consommée.
=> Potassium — l’allié des muscles et de l’équilibre
Le potassium participe à la contraction musculaire, au bon fonctionnement du cœur et à l’équilibre acido-basique.
On le trouve surtout dans :
les légumes
les légumineuses
les fruits secs
les fruits à coque
certains poissons
Une alimentation riche en végétaux couvre généralement bien les besoins.
=> Sodium — indispensable, mais souvent en excès
Le sodium est nécessaire au corps, mais il est aujourd’hui consommé en trop grande quantité, surtout via les produits transformés.
Les principales sources :
sel ajouté
pain, fromages
charcuteries
plats préparés et produits industriels
Réduire les aliments ultra-transformés est souvent plus efficace que de supprimer le sel à table.
À retenir
Les minéraux se trouvent naturellement dans les aliments simples
Le magnésium manque souvent, le sodium est souvent excessif
Plus l’alimentation est variée et peu transformée, mieux l’équilibre se fait
Les oligo-éléments dans l’assiette : petits apports, grands rôles
Les oligo-éléments sont des minéraux présents en très petite quantité dans le corps, mais essentiels à son bon fonctionnement. Ils participent notamment à l’utilisation des glucides, des protéines et des graisses, au soutien de l’immunité et à de nombreuses réactions métaboliques.
On en connaît des dizaines, mais seuls certains sont réellement indispensables. Dans l’alimentation du quotidien, quelques-uns méritent une attention particulière : le fer, le zinc, le sélénium et le silicium.
=> Fer — énergie et oxygène
Le fer est indispensable au transport de l’oxygène et à la formation des globules rouges. Un apport insuffisant peut se traduire par de la fatigue, un essoufflement ou une sensibilité accrue aux infections.

Dans l’assiette, on distingue :
le fer d’origine animale, mieux absorbé mais à consommer avec modération
le fer d’origine végétale, plus doux pour l’organisme
Bonnes sources alimentaires :
légumineuses (lentilles, pois chiches)
légumes verts
jaune d’œuf
fruits à coque
tofu
Associer ces aliments à des sources de vitamine C aide à mieux absorber le fer végétal.
=> Zinc — immunité et peau
Le zinc soutient le système immunitaire, la peau, les cheveux et l’équilibre hormonal. Les apports sont parfois insuffisants, notamment chez les personnes très stressées, sportives ou suivant une alimentation restrictive.
Où le trouver :
fruits de mer
fromages
légumineuses
graines et fruits à coque
Le zinc d’origine animale est mieux assimilé, mais les sources végétales contribuent aussi à l’équilibre global.
=> Sélénium — protection cellulaire
Le sélénium agit comme un antioxydant et soutient l’immunité ainsi que le bon fonctionnement de la thyroïde. Les apports dépendent beaucoup de la qualité des sols, ce qui explique des apports parfois variables.
Sources courantes :
noix du Brésil
poissons et fruits de mer
œufs
céréales complètes
légumineuses
Une alimentation variée suffit généralement à couvrir les besoins.
=> Silicium — tissus et os
Le silicium participe à la solidité des os, à la santé de la peau, des cheveux et des ongles, et soutient le système immunitaire. Les carences sont rares dans une alimentation diversifiée.
On le trouve surtout dans :
céréales complètes
légumineuses
légumes verts
certains fruits
À retenir
Les oligo-éléments sont essentiels, même en très petite quantité
Le fer et le zinc méritent une attention particulière chez les femmes
Pas besoin de supplémenter systématiquement : l’assiette bien composée fait déjà beaucoup
Tu l'auras compris, manger équilibré, ce n’est pas, selon moi, tout contrôler, ni tout réussir. C’est avant tout comprendre, choisir en conscience et avancer pas à pas, en fonction de ta réalité, de ton rythme et de tes besoins.
Ton corps n’attend pas la perfection. Il a surtout besoin de régularité, de diversité et de bienveillance. Une assiette simple, variée et peu transformée fait déjà énormément pour ta santé, ton énergie et ton équilibre global.
Garde en tête que l’alimentation ne devrait pas être une contrainte de plus à ajouter à ton quotidien, mais un levier doux, accessible, qui te soutient jour après jour. Et surtout, fais-toi confiance : tu as désormais quelques repères pour faire tes choix, sans pression, à ta façon.
J'espère que cette petite mise au point t'as permise de mieux comprendre ce que tu manges et si tu souhaites remettre le pouvoir de la nature entre tes mains de façon simple, rapide et facile,
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A très vite,
Gaëlle






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